• Les rimes s'évaporent

    La prose... Retour à mes premières amours d'écriture. Premières amours extériorisant les drames qui écument une vie, notamment de ceux qu'on se demande si l'on s'en remettra vraiment un jour. Le manque sera toujours présent, les coups de blues s'enchaîneront avec plus ou moins d'intensité. La vie est ainsi faite, d'événements tragiques qui nous bouleversent, qui nous marquent au fer rouge. L'écriture est un bon remède pour arriver à surmonter ça, à l'extérioriser, à s'enlever un poids des épaules...

  • Quelque part

    Je ne sais plus quoi écrire. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? Je parcours les lignes, c'est toujours la même rengaine exprimée différemment. Une impression de stagner, pourtant des choses ont changé, du moins je crois. A droite, à gauche, je vois des gens qui ont l'air heureux de la vie qu'ils mènent ; tout n'est pas toujours rose, mais ils avancent. Dans cette foule, je me sens seule, parfois j'aimerais être comme eux. Mais ça veut dire quoi être comme les autres ? Rien, ça n'est pas une fin en soi, c'est juste une façon de fuir mes peurs. J'aime sans aimer, je profite sans profiter, je suis là sans être là. Je ne ressens rien, comme si je me foutais de tout. Une coque vide. Je suis une simple façade que je crépis d'un sourire enjôleur pour vous rassurer, ne rien vous montrer, vous protéger de ma noirceur.

    Je ne me reconnais plus. Je suis passée d'un extrême à l'autre, d'un enfermement total à un lâcher prise presque fatal. Petite fille timorée à jeune adulte rebelle que la dépendance et la mort ont jeté sur le rivage. Maintenant je navigue en eaux troubles, la tête hors de l'eau parfois fouettée de fortes vagues. J'ai du mal à reprendre ma respiration, mon souffle reste court. Je tiens bon à ma façon. Mon masque, je m'y accroche ; il est comme mon rempart, me protégeant de l'extérieur et de ses sentiments qui malmènent le cœur. Il baisse sa garde dans le microclimat de la confiance, malheureusement en voie d'extinction.

    Quelque part j'avance, mais je ne sais pas pour aller où.

     

    © Little Shadow


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  • J'essaye de tuer la douleur en préservant ce qu'il me reste de cœur. Elle est devenue le sang qui coule dans mes veines, sur lequel la peine glisse sans bruit. Les déchirures se recousent tant bien que mal ; le fil de nos souvenirs est fragile, mais il tient bon dans tout ce dédale rocailleux que contient mon âme.

    Il y aura toujours un manque, que le soleil arrive à estomper et que les nuages ramènent au galop. Il y aura toujours l'ignorance, un silence éternel que des mots couchés sur un papier n'auront pas brisé. Seul l'écho du vent se fait entendre, sans réponse aucune des étoiles. Il y aura toujours la peur de l'oubli, les traits de leurs visages figés dans l'ère du temps, que les grains de sable viennent éroder ; le son de leurs voix qui se perd dans le brouhaha quotidien ; les rires mêlés de larmes, le bonheur de se voir une dernière fois avant le grand départ.

    Mais n'est-ce pas que notre mémoire est tenace et que rien de tout cela ne s'effacera ? N'est-ce pas que les souvenirs perdureront et que nos cœurs leur garderont une place ? N'est-ce pas qu'ils sont toujours là, près de nous, près de moi ? Qu'ils nous encouragent à avancer, à croire en nos rêves, à ne pas sombrer ? Il y aura toujours des rechutes, des coups de blues, des vagues-à-l'âme, des larmes silencieuses. Mais il y aura toujours des moments qui referont surface, des paroles réconfortantes qui résonneront... Les murmures de liens indestructibles que même la mort ne rompt pas.

     

    © Little Shadow


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    Je suis seule dans le noir, allongée sur mon canapé. Je ne sais même plus si mes yeux sont ouverts ou fermés. N'avoir aucun repère où les poser. L'angoisse du doute, ce tiraillement incessant de l'indécision, de la confiance perdue, si tant est qu'elle ait déjà été présente. Des promesses au goût d'espérance qui sont tombées dans le tourbillon de la désillusion.

    Je navigue sur une mer de soumission, la tempête rébellion souffle à l'intérieur, sans savoir comment s'échapper. La violence de ma colère, de ma souffrance, me consume ; les cendres éteignent les dernières braises. Avancer d'un pas et reculer de trois pour ensuite faire du sur place. Je me sens entraînée vers le fond, de la surface ne me parvient plus aucun son.

    A l'horizon se profile toujours cette longue errance où chaque porte de sortie est une voie sans issue. Je voudrais pouvoir de nouveau respirer, ne pas avoir à me soucier d'hier, ne pas me laisser submerger par l'indifférence. Je ne sais pas, je ne sais plus. Tout est confus, je me retourne et aucun caillou de semé, empreintes effacées. Mon fil d'Ariane s'est délité ; j'ai essayé de le rabibocher mais je n'ai plus la force de serrer les noeuds. Ça passe un temps et ça casse ; je laisse alors le vent disperser ces bribes de vie, dont je cherche encore et toujours le sens.

     

    © Little Shadow

    (Musique : "Réalité" de Silence)


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    Parfois, je me dis que j'aurais préféré ne jamais te connaître, ne pas te remarquer, ne pas tomber sous ton charme. J'aurais voulu que mon cœur reste insensible, comme à son habitude. Tout aurait été tellement plus simple. Je ressens un manque perpétuel de toi ; j'ai l'impression de perdre la raison. Un vide s'est installé, et je vis à son bord. Comment puis-je en venir à penser cela ? Alors que j'ai tout vécu avec toi, sauf le principal.

    Ta présence me manque, tes rêveries me manquent, ta voix me manque, tes confidences me manquent, ta fragilité, tes joies, tes peines, ta franchise, tes coups de gueule... Tout me manque. Je me sens si responsable de ta disparition. Oui on pourrait refaire le monde avec des "si". Et c'est justement cette absence de réponse qui reste en suspens qui fait si mal. Cet infime espoir que tout aurait pu être différent et le cours de nos vies chamboulé.

    Tu as réveillé en moi un monde de sentiments qui se terrait au plus profond de mon âme. Tu as su faire primer l'ange sur le démon. Je n'ai pas su quoi faire, tu n'auras pas eu la patience d'attendre... Et si c'était simplement ça qui te manquait, la preuve que ton amour à toi n'était pas vain, qu'il suffisait que je te le dise, qu'il aurait suffi que je te le montre...

    Aujourd'hui, il est toujours là, noyé dans un océan de mélancolie, dans cet air triste qui plane dans mon regard. Et c'était à moi de faire ce pas, de te tendre cette flamme amoureuse qui aurait brûlé celle de ton enfer. Ta mort est ma punition pour la vie. Dans mes rêves, je cours te rejoindre ; mais je cours seulement dans le noir.

     

    © Little Shadow

    (Musique : Nadine Khouri "I ran thru the dark")


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    Il est des périodes où les souvenirs affluent, des images en rafales, des ressentis. Aux êtres disparus pour l’éternité, je me délecte de vos sourires, vos rires ; ces bons moments qui paraissent si proches et pourtant si loin désormais. Vous vous êtes échappés de la vie, de votre propre volonté ou par la force des choses. Les larmes de joie ont laissé place à des perles salées, qui sont comme une caresse sur mes joues. C’est votre âme qui continue d’exister et qui fait que je ne vous oublierai jamais.

    J’ai aussi au fond de moi une rage que je contiens tant bien que mal. Pourquoi ? Pourquoi l’envie de mort l’a emporté sur la vie, pourquoi tu n’as pas voulu te battre ? Pourquoi l’amour n’a-t-il pas vaincu ? Serait-ce seulement dans les films romantiques et les contes de fée ? Dans la vraie vie, il n’y a donc pas assez de place pour les passés difficiles, trop encombrants à trimbaler… J’aurais voulu que tes doigts ne lâchent pas les miens, que tu te sentes chez toi dans un ailleurs moins sombre et froid. Tu as finalement trouvé une forme de bonheur tandis que je cherche encore le refuge du mien.

    Et toi, père exigeant et sévère que tu as été, es-tu fier de ta prisonnière évadée traînant toujours ses boulets ? Je me suis défait de tes œillères, j’ai quitté tes sentiers tout tracés et ai pris les miens. Certes sinueux et infréquentables pour certains, dérapages, agressive et agressée, voilà la recette explosive qui a fabriqué ma cuirasse. La violence de tes mots arrive encore à m’atteindre ; je fais en sorte qu’ils rebondissent pour aller se perdre dans le néant. Personne n’est parfait, peut-être croyais-tu bien faire… Malgré cette rancœur tenace, la maladie n’avait pas le droit de te prendre si brutalement ; tu as raté tellement de choses mais tu m’as tant appris. Les murs résonnent encore du son de ta voix, de tes éclats de rire, de ta passion.

    Et puis il y a ceux qui font un passage dans notre vie, et partent sans se retourner. Un adieu sans explication. Où que vous soyez, dans l’air ou sur terre, je garde le souvenir de ce temps comme une blessure, une cicatrice ; des traits qui s’estompent, le flou d'une silhouette dans la brume, une étoile dans le ciel, un léger souffle dans le cou... Un souvenir appartient au passé mais est toujours présent.

     

    © Little Shadow (musique : Oursvince "Memories")


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